Joao PINTO,

administrateur du Centre de Développement Communautaire (CDC)

 

reçu à Genève par le MCI les 4 et 5 mars 2010

 

dsc01352 Joao do Carmo Pinto et Simao da Costa sont les deux responsables du jeune CDC et de son équipe de salariés. Ils sont respectivement administrateur et coordinateur des projets. Ils sont jusqu’à présent les seuls ayant pu effectuer le voyage du lointain Timor Oriental jusqu’aux sièges des organisations partenaires et d’appui financier en Europe, dont le MCI à Genève. Simao est venu le premier en 2007 et Joao en ce mois  de mars.

Avec la venue et le séjour de Joao, le MCI a pu faire le bilan des avancées considérables faites par le CDC au cours de ces deux années dernières.

A l’aide d’une très belle présentation « power-point », Joao a montré quelques groupes en action :

  • femmes productrices de confitures,
  • de sauce tomate, de chips de bananes, taro, fruits à pain, manioc, et même conserves de sardines en sauce tomate,
  • les forgerons avec la diversification de leurs outils.

Puis nous avons longuement échangé des progrès et des difficultés.

La conviction de Joao se fait communicative lorsqu’il insiste sur le point de départ indispensable pour que la motivation des groupes soit claire et durable. En effet, longuement le CDC examine avec eux : est-il plus avantageux de se réunir en groupes ou de rester isolés et pourquoi ? Lorsque la conviction devient celle du groupe entier, l’action peut démarrer. Ainsi et comme il l’explique, le projet du CDC est en effet d’abord un projet d’éducation avant de créer de l’emploi et des rémunérations.

Et comment imaginer un pays dans lequel les pourvoyeurs d’emplois sont presque exclusivement l’État, le gouvernement, les organisations internationales sur place et les ONG internationales ? Dans ces postes il faut au minimum être performant dans l’usage d’un ordinateur et parler deux langues (portugais et anglais). Que doivent alors faire les communautés humaines dont les membres ne savent souvent ni lire ni écrire ?

Dès leur lancement, le CDC envisage que les groupes atteignent au fur et à mesure la pleine maîtrise de leurs activités : non seulement la production et le calcul de ses coûts, la gestion des fonds, mais aussi la maîtrise de l’amont et de l’aval, c’est à dire l’approvisionnement en fruits et/ou légumes toute l’année en amont, l’importation de tout ce qui n’est pas disponible au Timor (fer pour les outils, verres pour les conserves), la diffusion et la certitude de la vente en aval. Parvenu à ce stade, un groupe rôdé peut en aider un autre à se lancer.

Les changements en profondeur ne se font pas attendre. Les femmes en ont fait un bilan que nous reproduisons à la suite de ce compte-rendu.

Beaucoup de difficultés se présentent en chemin : une des plus importantes est le coût de production local plus élevé que celui de produits comparables importés (de l’Indonésie voisine ou de Chine). Le CDC a lancé une campagne « made in Timor » pour promouvoir les produits locaux. Cela lui demande de plaider auprès du gouvernement en deux directions :

  • l’une est de solliciter la détaxe à l’importation sur les matières premières nécessaires et impossibles à trouver au Timor,
  • l’autre est de promouvoir la priorité à l’achat de produits locaux, à commencer par tous les outils nécessaires à la construction de routes et travaux publics (pelles, bêches, râteaux, machettes, etc…).

Pendant son bref séjour, le MCI a pu réaliser avec Joao

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  • Un dîner-débat sous l’égide du CCIG avec des personnes et organisations ami(e)s et sympathisant(e)s à laquelle se sont rendus présents :

–  Mr.Marcos Da Costa secrétaire de la représentation du Timor auprès
des  Nations Unies, ( au centre) .
–  des Compatriotes timorais installés en Suisse.
–  Mr François-Emmanuel Cappus,  membre de la Commission Technique
–  Collin Gonze, Rapporteur du projet au sein de la Commission Technique.

Le projet du CDC est en effet soumis par le MCI auprès de la FGC qui lui attribue des fonds publics,

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  • Une rencontre avec quelques représentants de la Fédération Genevoise de Coopération (avec la participation de MM. Olivier Berthoud, Secrétaire Général, une rencontre avec Mr Jacques Fonseca Ambassadeur du Timor auprès des Nations Unies.

Au cours de tous ces rendez-vous les interlocuteurs se sont montrés très attentifs à la présentation de Joao et des liens empreints de cordialité se sont noués, qui certainement ont non seulement encouragé mais réchauffé Joao.

 

Car comme Simao il y a trois ans, Joao est arrivé en Europe et à Genève pendant une période particulièrement froide ; il a dû affronter les rigueurs de la neige et de la bise, mais a pu aussi, le travail accompli, découvrir des paysages enneigés, inconnus au Timor.

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