Contexte

Entre les années cinquante et la première moitié des années 60 du siècle dernier, c’est l’irruption du « tiers monde » sur la scène internationale : La Conférence de Bandung en 1955, La vague des décolonisations, La prise de conscience de la faim dans le monde, L’inégalité des rapports Nord-Sud, Le mal-développement. Dans le monde dit « développé », l’Europe est désormais sortie de la 2e guerre mondiale. Mais elle est figée dans la guerre froide : la séparation en deux blocs entre l’Est et l’Ouest. Au plan social c’est non seulement le plein emploi mais encore l’appel à l’immigration comme force de travail. La pauvreté certes, mais aussi la sortie possible de la pauvreté pour de très larges couches de la population. Les 30 glorieuses, d’autres disent les « golden sixties », des luttes pour la redistribution des fruits du travail et de la richesse, des institutions stables, des Etats providence, des révoltes, Mai 1968… La convocation du Concile Vatican II par le Pape Jean XXIII et ses répercussions largement au-delà du monde des chrétiens. La naissance d’un certain nombre d’organisations non gouvernementales chrétiennes et laïques au Nord, l’expansion des ONG de développement (les organisations humanitaires existaient déjà et agissaient face aux catastrophes naturelles et autres situations d’urgences). L’ambiance était constructive : on allait arriver à changer la face du monde, à lutter contre la pauvreté, à l’éradiquer, pour le développement et à instaurer des rapports Nord-Sud nouveaux.

Antécédents

Dans ce contexte, à Genève un petit groupe de deux personnes – par ailleurs engagées dans des partis, syndicats, Eglises – se rencontrent, échangent, s’interrogent sur le nouveau contexte international qui se dessinait. Elles s’efforcent d’identifier et de faire le lien entre « l’ici » et le « là-bas ». Non pas le monde « sous-développé », là-bas, loin de nous, et le monde par conséquent supposé « développé », ici, chez nous. Mais un seul monde, interdépendant, dont les causes engendrées par les uns produisent des effets sur les autres. Un monde aux prises avec du « mal développement » où que ce soit. Mais aussi un mal-développement qu’il serait possible de transformer en défi et que nous serions capables de relever.

Petit à petit d’autres personnes rejoignent ce groupe et donnent corps à quelques intuitions : pouvoir disposer d’un « lieu », hors partis, hors syndicats, hors Eglises, tous utiles et nécessaires.

Mais se poser des questions au-delà, réfléchir sans réponses, consignes ou mots d’ordre préconçus, préétablis. Le groupe se constitue sous le nom – provisoire – de CICG (Centre International de Coopération de Genève).

Simultanément il regarde autour de lui, identifie d’autres organisations déjà existantes ou en voie de création, exprimant des préoccupations et poursuivant des buts similaires.

Des rencontres s’organisent qui prendront la forme de « Tables Rondes » et qui aboutiront à la création de la Fédération Genevoise de Coopération en 1966.

 

Naissance et choix initiaux

Le MCI nait formellement en 1962 avec des choix initiaux déterminants dont en voici deux :

Que ses membres soient actifs « ici » et « là-bas » :

ils sont solidaires du « tiers monde » : ils appuieront des efforts de transformation de la société vers des pratiques plus justes sous la forme de « projets »

ils s’engagent « ici » dans les organisations de leur choix pour agir sur les causes provoquant misères, pauvretés, sous-développement.

– Une des premières actions soutenues par le CCIG (qui changera de nom pour devenir MCI)

fut de demander que 1% [1] de la fiscalité des contribuables genevois soit consacré à l’appui au « développement du tiers monde ». La Fédéation Genevoise de Coopération appuiera cette demande.

 

[1] Jamais entièrement réalisé, devenu plus tard la revendication du 0,7% lui-même non plus réalisé 

Le souvenir est aussi un exercice nécessaire, une opération de discernement” Lire la capitalisation du MCI  (cahier 1)

 

 

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Christiane Escher

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Jean Brulhart

Fondateurs du MCI

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Un ami du Mouvement pour la Coopération Internationale
vient de nous envoyer un article paru en 1965 dans 
le Journal de Genève. 

Ce dernier concerne « le Centre International de Coopération de Genève ».
(Nom initial de Mouvement pour la Coopération Internationale)

Le  M C I  le publie avec plaisir. Le vocabulaire a évolué,
Le contexte du monde s’est transformé d’une façon accélérée

Le M.C.I. continue à avancer dans un dédale de nouvelles interrogations
et, nous espérons
avec le même dynamisme, la même lucidité qu’en 1965.

journal

Lire l’article paru en 1965

 

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