Donde Estan! ou sont ils?

 

 

Il y a 35 ans, le 27 juin 1973, le Président uruguayen Juan María Bordaberry fermait le parlement, prenant la tête d’un coup d’Etat qui mettait fin à la démocratie en Uruguay, déjà fragilisée par l’existence des escadrons de la mort, l’assassinat des ouvriers et étudiants, et l’application systématique de la torture dans les casernes des forces armées.

Derrière Bordaberry, les militaires ont pris le pouvoir et l’Uruguay vécu sous la dictature, une des plus sinistres de l’Amérique du sud, jusqu’en mars 2005. Les partis et les syndicats ont été interdits, les journaux fermés ou censurés. Des milliers de militants sociaux et politiques ont été arrêtés ou condamnés à l’exil. Les citoyens furent divisés en trois catégories (A, B, C) selon leur idéologie ou leurs activités politiques et ceux de la catégorie C furent exclus de l’administration.

Pendant douze ans, les militaires ont violé les droits de l’homme d’une façon généralisée et systématique aussi bien en Uruguay qu’en dehors des frontières, principalement en Argentine, dans le cadre du macabre plan Condor de coordination répressive.

Le bilan est effroyable : des centaines de morts sous la torture ou froidement assassinés, plus de 270 disparus, une quinzaine d’enfants volés. Une fois la démocratie rétablie, les citoyens, soutenus par les organisations des droits de l’homme, ont porté plainte contre les militaires auteurs de crimes contre l’humanité.

Mais le président Julio María Sanguinetti, ancien ministre de Bordaberry, élu en 1984 avec l’appui des militaires et grâce à la proscription des principaux leaders de la lutte antidictatoriale, a fait voter en 1986 la « Loi de caducité de la prétention punitive de l’Etat », par laquelle la justice a été empêchée d’enquêter et les crimes de la dictature sont restés impunis.

Depuis quelques années, un puissant mouvement social a relancé la lutte contre l’impunité. Dans la rue ; chaque 20 mai des dizaines de milliers de personnes participent à la marche du silence pour les disparus. Dans les tribunaux ; en portant plainte contre les militaires et civils responsables de violations des droits de l’homme.

Désormais, il s’agit d’en finir avec la « Loi de caducité », loi indigne de la tradition démocratique de l’Uruguay. Des organisations sociales et de défense des droits de l’homme ont formé un Comité pour l’annulation de la loi d’impunité.

Une journée internationale pour l’annulation de la Loi de Caducité, pour la vérité et la justice a eu lieu le 27 juin 2008.

 

 

 

[HAUT]

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