Récupération des territoires Mapuche

 

 

Petite synthèse du voyage sur le terrain (novembre 2005).

Le contexte politique: Au niveau national on remarque une plus grande sensibilité et prise de position positive de l’opinion publique quant à la problématique des peuples autochtones et à leurs revendications. D’une part, il y a une plus grande visibilité de la question indigène dans les médias, à la suite des nombreux conflits territoriaux concernant ces communautés dans d’autres provinces que celle de Rio Negro. Ceci pourrait éventuellement dans le futur se traduire en une action commune et plus coordonnée pour faire davantage pression sur les autorités. D’autre part, on constate une préoccupation écologique croissante de la population liée à la contamination des sols, provoquée entre autres, par l’exploitation minière, dénoncée en différentes localités de la Patagonie. Il faut dire qu’en ce moment les mouvements indigènes sont la principale force d’opposition aux multinationales qui cherchent à s’approprier et exploiter de façon abusive les ressources naturelles qui se trouvent sur leurs territoires.


Les avancées juridiques:
 

La première année du projet a été marquée par une longue série d’interventions juridiques légales de type défensif dans les zones de conflits. Par ailleurs, des actions à caractère offensif sont intentées, cherchant à dénoncer des irrégularités commises par les autorités vis-à-vis des conventions et traités qui ne sont pas respectés. En même temps, l’affirmation de l’identité en tant que peuple originaire et le respect de ses valeurs, réclamé par les membres du CAI, commencent à se traduire par des actions en justice, faisant partie des innovations juridiques qui feront jurisprudence, arme que d’autres peuples pourront utiliser pour leur défense.


L’installation des locaux: 

J’ai eu l’occasion de visiter deux sièges du CAI, notamment un situé dans une ville où se trouvent les instances administratives et légales, et de constater que le local sert alors non seulement à faciliter les réunions et les interventions des avocats pour travailler de façon coordonnée et rapide, mais aussi à héberger des membres venant de loin pour se rendre dans les Tribunaux et centres administratifs. Des problèmes de différents ordres, indépendants de leur volonté, ont retardé la construction de deux des locaux du CAI, question qui semble pouvoir se résoudre à court terme


Les véhicules et les matériels de bureau:
 

Les réunions intra et inter communautaires (notamment les «Trawns» ou Assemblées) se voient facilitées par l’achat d’un véhicule et la remise en état des autres. L’état des chemins à la campagne use très rapidement les pneus qui doivent êtres remplacés très souvent (lors de mon voyage 2 pneus ont crevé et les 4 pneus ont dû être changés). L’acquisition de matériel informatique (quelques membres du CAI commencent à s’y habituer et à l’utiliser quotidiennement) est d’une aide précieuse.


Les difficultés quotidiennes
:

Ma visite sur le terrain en participant aux activités concrètes du CAI m’a permis d’avoir une idée des nombreuses difficultés qui se présentent au quotidien. Notamment, j’ai assisté au rassemblement (à la campagne), des membres de la communauté Kom Kiné Mu pour traiter un conflit urgent et à une réunion préparatoire d’une Assemblée générale pour le mois de décembre prochain.
Les conditions de vie de tous les membres du CAI sont extrêmement difficiles, à la limite de la survie. En dépit de leurs propres problèmes, et avec un courage remarquable, ils donnent de leur temps pour les tâches de fonctionnement de l’association, chaque membre en fonction de ses capacités


L’autofinancement
:

Des idées pour atteindre à long terme l’autofinancement de l’association (objectif qui ne fait pas partie du projet) sont en train de se développer, discussions et prospection sont en cours. À présent, dans la région de Jacobaci le CAI met en place un atelier de céramique avec de la terre rouge qu’il trouve sur place. Dans un autre endroit plus fertile (Cuesta dei ternero) des plantations de fruits rouges et des jardins potagers sont prévus, notamment en vue d’une production de confitures. À cela s’ajoute un projet d’installation de bungalows destinés aux touristes, une autre source de revenus. Patience et temps doivent remplacer, malheureusement, le manque de moyens financiers pour progresser plus rapidement. À ce titre, le « soutien institutionnel» qui est, à présent, l’objet de débat à la FGC, pourrait éventuellement aider l’association à se projeter efficacement dans l’avenir.

Lidia Quiroga 15.11.2005

 

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